MARGUERITTE NÉEL EDITIONS ELZÉVIER - 1946 Pages : 138 - Format : 13*21 cm Bon Etat
Prix:
20,00 €
Description et Photos
BROCHÉ, QUELQUES LÉGÈRES TRACES D’USAGE SUR LA RELIURE, SINON BON ETAT ++, PAGES NON COUPÉES
EXTRAIT :
Nous verrons qu’ Elisabeth fut, pour Descartes, la confidente rêvée. Elle s’est trouvée sur le chemin de sa vie au moment où il fallait : il lui donna sa confiance, et, selon la jolie expression de Baillet, « n’eut plus rien de caché pour elle ». Elle, par une sorte d’intuition affectueuse, pénétra mieux que personne, aux dires de Descartes luimême, la pensée du philosophe, et le prit sinon pour « directeur spirituel » à proprement parler, tout au moins pour conseiller et pour ami, dans le sens le plus beau et le plus profond du terme. Ce qu’elle lui a demandé c’est moins un conseil sur une attitude à prendre dans un cas particulier, que des règles générales pour l’aider à vivre selon la raison, à être forte dans l’adversité, et à supporter sans faiblir « la malignité de la fortune » (1). Elle prit la morale cartésienne pour « règle de sa vie » (2), en s’appliquant à « mériter » l’amitié de celui qu’elle appelait « le médecin de son âme ».
M. G. Cohen voit en elle ((le plus parfait modèle de ces femmes érudites du xviie siècle dont Molière a le tort de nous dégoûter)) (3). Je pense que Molière a tout à fait raison de nous ((dégoûter)) des Philaminte et des Bélise, c’est-à-dire de ces « femmes savantes » folles de science et déséquilibrées, qu’Élisabeth elle-même mépriserait et mettrait au nombre des « pédants » et des snobs. Mais je voudrais montrer que la Princessephilosophe ne leur ressemblait en rien : nous verrons qu’elle fut plutôt le type de ces âmes qui (...)